1993
Georges Vriz continue d’explorer l’utilisation du bois pour son expression artistique. Il commence à compléter la « technique VRIZ » par l’incorporation de pigments, de colle et de bois teinté réduit en sciure dans ses créations tout en continuant à utiliser des procédés de marqueterie traditionnelle comme l’ombrage des bois au sable chaud. Il prépare une série de 32 tableaux pour à la fois fêter la renaissance de la marqueterie et rendre hommage à la renaissance italienne source d’inspiration sans cesse renouvelée pour ce peintre ancré dans le 20ème siècle. Pour faire la synthèse de sa technique, VRIZ choisi de s’inspirer des personnages de la Genèse peints par Michel-Ange sur le plafond de la Chapelle Sixtine. D’une part pour la dimension spirituelle du sujet, et d’autre part pour la difficulté technique et la gageure de représenter des corps humains en placage. En effet, si la marqueterie était utilisée comme media artistique au XVème siècle, la difficulté de représentation des corps humain l’a définitivement écarté des arts plastiques à la Renaissance. En particulier les essais infructueux d’Antonio Bencivenni de représenter les personnages de la chapelle Sixtine en marqueterie pour la cathédrale de Todi mettent un terme à l’utilisation de la marqueterie en dehors du mobilier. Georges Vriz, grace à la technique qu’il a mis au point, relève ce défi. Jamais en marqueterie, la représentation humaine n’avait pris une telle dimension, mêlée d’abstraction et de lyrisme.
1994
Il revient vers des tableaux intimistes. Il créé ‘’Ombres et lumières’’, tableau bois sur bois qu’il revendique comme technique mixte personnelle. Cette série de tableaux peut être considérée comme le point d’orgue de sa création en bois sur bois. Il nous emmène vers la lumière. Il joue avec la lumière. Les effets de transparence, les fondus, la profondeur qui se dégage de ces tableaux sont presque mystiques. Georges Vriz a atteint l’objectif qu’il s’était fixé : s’affranchir des aplats, faire naitre la lumière avec le bois. Exposés à la galerie Jeanne Castel à Paris, la plupart de ces tableaux seront vendu le soir du vernissage.
1995 – 1997
N’ayant pas pour ambition de se répéter, ni d’exploiter un filon après le succès de RenaissanceS et d’Ombres et Lumières, Georges Vriz s’engage dans de nouvelles recherches artistiques. Il réalise une illustration complète de la Divine Comédie de Dante. Tout d’abord sous forme de dessins (pastels sur papier) puis de tableaux (pigments, colle, sciure de bois et pastels sur papier marouflé sur bois). Pour chaque chant de ce poème fondateur, il choisira d’illustrer quelques vers. L’œuvre complète comprend donc 100 dessins et 100 tableaux. Georges Vriz écrira :
« En 1994, quand m’est venu le désir de réaliser la divine Comédie, j’en ai été comme foudroyé. Je n’eus pas le moindre doute que je m’apprêtais à vivre une aventure, et elle allait durer plus de trois ans. J’étais complètement saisi, dissous dans ce poème magnifique. Au-delà de la modernité du texte, je fus pris par une soif inextinguible d’en réaliser une illustration […] Je voulais aller le plus près possible de l’interprétation de Dante : j’étais devenu son ami et je ne voulais absolument pas le trahir. A force de le lire et de le relire, j’étais redevenu un enfant, je m’émerveillais, ne comprenant plus très bien ce qui émanait et me parvenait de l’œuvre […]. J’avais décidé d’en faire une illustration dont la lecture puisse être comprise par un enfant, sous une forme et une illustration, quasi naïve. Les enfants sentent et comprennent souvent la poésie mieux que les adultes. Je choisis, pour « encadrer » mes illustrations, trois figures géométriques : le carré, le triangle et le cercle, formes hautement symboliques et de signification universelle. Quant à la technique, j’ai décidé de travailler sur papier pour construire une oeuvre qui fût fragile. Une feuille de papier collée sur une feuille de bois ; comme fond, j’ai utilisé de la poudre de bois, de la sciure très fine que je préparais moi-même, que je tirais du noyer, de l’acacia, du sycomore et de quelques bois colorés; sciures que je mélangeais à de la colle et que j’appliquais et étendais à la spatule. Une fois cette patine sèche et durcie, je suis intervenu pour peindre mes personnages au pastel et au crayon. C’est une technique mixte, jamais encore utilisée à ma connaissance. Les dessins préparatoires sont entièrement réalisés au pastel sec sur papier. Quoiqu’il en soit, cette technique m’a permis d’arriver au plus près de mon interprétation, elle était complètement au service de mon inspiration. Très dense et intense. La poésie de Dante est très dense, il fallait que la matière qui me servait à l’exprimer le soit tout autant. L’aventure pouvait commencer : ce furent trois années de doutes, d’incertitudes, et de joies. » Extrait de “ Georges Vriz, La divine comédie de Dante Ermes Dorigo, Jacqueline Risset,2006, Edition Il Segno ».
Cette illustration a été présentée au public à Paris puis à Tolmezzo (Italie).